La demande potentielle de logement
L’impact du vieillissement de la population

Alain Jacquot
Insee décembre 2002
 

Il y a un rapport très étroit entre le nombre de logements et le nombre de ménages puisqu’un logement a pour vocation d’héberger un ménage. Il est donc intéressant de tenter d’évaluer le nombre de ménages dans le futur, car ces derniers représentent la composante principale de la demande potentielle de logements.
Encore faut-il s’entendre sur les termes « ménages » et « logements ». Un ménage est l’ensemble des personnes qui partagent une même résidence principale, sans qu’elles soient forcément unies par des liens de parenté. Un ménage se réduit à une personne lorsqu’elle vit seule. Les personnes résidant en collectivités sont considérées comme vivant hors ménages : étudiants en résidence universitaire, hospitalisés de longue durée, personnes âgées en maison de retraite, etc. Quant aux logements, on considère ici les résidences principales, les résidences secondaires et les logements vacants. La composition et la taille des ménages sont également des éléments à prendre en compte. Lorsque la taille des ménages diminue, le nombre de ménages augmente plus vite que la population. Ainsi depuis 1975, le ménage moyen ayant perdu une demi-personne, le nombre de ménages s’est accrû en moyenne de 1,2%par an et la population de 0,4%seulement. Cette diminution est imputable en grande partie au vieillissement de la population. En effet, les ménages de personnes âgées sont des ménages plus petits que la moyenne. Les 4/5 de la baisse du nombre de personnes par ménage entre 1990 et 1999 s’expliquent par les déformations de la pyramide des âges.

Mises en couple plus tardives des jeunes, unions plus fragiles, remises en couple moins fréquentes après une rupture : tous ces phénomènes tendent à accroître le nombre de ménages et donc aussi la demande potentielle en logements. Pour autant, la forte croissance du nombre de ménages au cours des dix dernières années s’explique principalement par le vieillissement de la population, les ménages de personnes âgées comprenant un nombre de personnes plus faible que la moyenne.

Si ces tendances se prolongent, le nombre de ménages augmenterait de 228 000 par an en moyenne de 2000 à 2010. En supposant que la part des résidences principales et des logements vacants au sein du parc de logements reste stable, celui-ci s’accroîtrait en moyenne de 275 000 par an sur la même période : pour satisfaire la demande potentielle en logements correspondante, il faudrait construire 320 000 logements de 2000 à 2004 et 290 000 de 2005 à 2009.
 

source : INSEE (décembre 2002)
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